Déclaration CGT Educ’Action du CHSCT-A le 21 janvier 2021

23/1/2021

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Près d’un an après l’apparition du coronavirus Covid-19, la situation reste dramatique et la pandémie continue à bouleverser nos conditions de vie, même si la mise au point de plusieurs vaccins représente un véritable motif d’espoir pour aider l’humanité à se sortir de cette catastrophe sanitaire. Cette séance du CHSCT comporte donc logiquement un point de situation Covid dans notre département, notamment avec la présence du variant sud-africain. Plus contagieux, ce variant nous inquiète, même si le variant ne génère pas nécessairement une forme plus grave de la maladie, il entraîne plus de risque de contaminer les
personnes âgées et/ou fragiles.


La gestion de la crise sanitaire est malheureusement encore défaillante, à tous les niveaux de l’Etat et de l’institution, et il n’est même pas nécessaire d’insister sur la rupture de confiance entre les personnels et leur Administration. La gestion de la crise sanitaire dans l’éducation met en lumière l’absence d’une politique de prévention des risques professionnels et de culture de la santé au travail. Ainsi, depuis la première vague épidémique, l’Administration a décidé de fixer sa propre « norme » en élaborant ses propres protocoles sanitaires. Soyons clair, la CGT Educ’action Mayotte n’est pas opposée au principe de protocoles sanitaires pour faire reculer l’épidémie, si cela permet la mise en place d’une organisation du travail rigoureuse, fondée sur le droit du travail et appuyée sur des moyens humains et matériels satisfaisants. Le problème, c’est lorsque ces protocoles ignorent le droit du travail et se mettent en place en l’absence de moyens à la hauteur des besoins. Le Code du travail doit s’appliquer dans l’Education et les protocoles ne sauraient être inférieurs à la réglementation existante ni se substituer aux propres obligations de moyens et de résultats de l’Administration en matière de santé et de sécurité. L’Administration ignore en effet de manière systématique les documents uniques d’évaluation des risques professionnels (DUERP) que chaque école et établissement a obligation de mettre à jour pour identifier l’ensemble des risques professionnels et détailler les mesures de prévention afin de les éviter mais qui, dans un grand nombre d’écoles et d’établissements, n’existe même pas. Or, notre Administration est bien un employeur comme un autre (et nous aussi, nous sommes des travailleurs salariés, pas des moines-soldats ni des missionnaires de l’éducation) et le droit des salariés de l’Education à travailler en bonne santé doit être respecté.


Cette séance nous contraint également d’insister à nouveau sur des facteurs de risques que l’Administration refuse de supprimer, en dépit de leur réalité. Le port du masque est rendu obligatoire pour tous, sauf pour les enfants des écoles maternelles, ce qui constitue une mesure indispensable et défendue entre autres par la CGT. Cependant, la revendication majeure consistant à exiger de l’Administration qu’elle fournisse à tous de vrais masques protecteurs et aux normes n’est toujours pas satisfaite. Les masques textiles ne correspondent en effet à aucune norme mais à une simple spécification AFNOR, contrairement aux masques chirurgicaux de norme EN 14683 et aux masques FFP2, les seuls qui protègent celui/celle qui le porte en toute circonstance. Nous constatons pourtant qu’une forte proportion des collègues mais aussi des élèves, préfèrent porter des masques chirurgicaux achetés sur leurs deniers personnels alors qu’ils devraient être fournis gratuitement. Une "alerte" doit être communiquée aux familles pour les inciter à faire attention à la faible qualité des masques et de privilégier les masques chirurgicaux de norme EN 14683. Le HCSP a remis un avis au ministère de la Santé demandant le retrait des masques de tissu. Il s'agirait des masques catégorie 2 Afnor. Plusieurs milliers d’élèves dans notre département portent ces masques qui seraient insuffisamment filtrants pour faire face à la dangerosité des nouveaux variants du virus.

Par ailleurs, le problème de l’aération reste crucial mais encore trop négligé. Il est frappant de constater que parmi les gestes barrières que la population est incitée à appliquer, la nécessité d’aérer soit largement sous-estimée, voire absente des recommandations officielles. Il existe pourtant un consensus scientifique sur les aérosols qui constituent l’un des principaux modes de contamination du coronavirus. L’aération régulière, de préférence permanente, de nos locaux de travail, est donc cruciale, en plus du port du masque qui ne protège pas totalement des aérosols.

Nous réclamons donc une prévention à la hauteur de ce facteur de risque, fondé sur les préconisations scientifiques les plus prudentes ainsi que sur l’application du Code du travail qui fixe, en particulier dans les articles R4222-4 à 9, des normes chiffrées en matière d’aération et d’assainissement des lieux de
travail.


Sur les tests, ceux-ci sont quasiment inexistants dans l’Education et la situation n’évolue guère. Il faut tester les personnels volontaires et les lycéens volontaires dès qu’un cas est confirmé dans une classe... Nous savons qu'il n'y a qu'un test, à priori, qui permette de détecter les variants. Aurons-nous les moyens de faire
un état des lieux sanitaires en milieu scolaire dans les prochains jours ?


Même s’il faut rester prudent, la bonne nouvelle de ce début d’année réside dans la mise au point de plusieurs vaccins contre la Covid. Pourtant, à l’heure où ces lignes sont écrites, rien ne prouve que les vaccins soient efficaces face à ce variant sud-africain. Dans ces conditions, il faudra encore patienter, d’abord à cause des retards très importants pris par notre pays, mais aussi parce que les enseignants ne sont pas parmi les catégories prioritaires. Le ministre de l’éducation nationale avait tout même annoncé que les enseignants pourraient se faire vacciner à partir de mars au plus tard. Puis il a été question d’avril et dorénavant, ce ne
serait qu’au cours du premier semestre 2021/2022.

La problématique de la surdensité des locaux reste entière dans la plupart des écoles et établissements scolaires à Mayotte. Il y a urgence à mettre en place une réduction de moitié des effectifs, car la trop forte densité continue à créer un risque trop élevé pour la santé de tous. Dominique Voynet déclarait en début de semaine : "Depuis quelques jours, on a même une arrivée assez brutale de plusieurs patients jeunes en réanimation, qui présentent des formes sévères de la maladie". Nous pensons tout d’abord aux cours d’EPS, à la densité des transports scolaires, etc., qui constituent autant d’occasions de transmission du virus. Nous pensons aussi à certaines réunions non primordiales qui sont encore proposées en présentiel aux collègues, notamment dans le premier degré. Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) semble définitivement entériner dans sa dernière recommandation une distanciation sociale de deux mètres, le double de celle qui a longtemps prévalu dans ses avis et les communications du gouvernement.

Sur la question du jour de carence, nous prenons acte positivement de sa récente suspension. Nous revendiquons néanmoins sa suppression définitive. Concernant les personnels vulnérables, la CGT Educ’action demande qu’ils soient mis automatiquement en télétravail ou en ASA.

Sur l’hygiène et la désinfection, chacun sur son lieu de travail peut constater qu’il faut sans cesse se battre pour obtenir des distributeurs de gel hydroalcoolique ou des points d’eau avec du savon en nombre suffisant et réapprovisionnés systématiquement. C’est le cas également pour les lingettes virucides qu’il faut sans cesse réclamer. Quant à la désinfection, faute souvent de personnel suffisant, nombre de salles et d’éléments de mobilier ne sont pas désinfectés chaque jour. Et on ne parle même pas des claviers d’ordinateurs...Autre point délaissé, aucune formation n’est dispensée aux personnels pour combattre les risques professionnels, actualiser la connaissance des risques et former aux actions de prévention à mettre en place au quotidien.

A partir d’aujourd’hui, un couvre-feu sera appliqué à Mayotte. Pour la CGT Educ’Action mayotte le couvre- feu à 18 heures risque de ne pas être efficace, et va gêner beaucoup de monde. Les gens vont continuer à se croiser sur une période plus concentrée, ce qui n’aura que peu d’incidence sur le nombre de personnes qui se contaminent sur le territoire.


En cette période de restrictions de liberté, de stress, de flou et d’incertitude, la CGT Éduc’action Mayotte exige que le gouvernement et l’administration prennent leurs responsabilités pour protéger l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale, les élèves et l’ensemble de la communauté éducative.

Bruno DEZILE et Nicolas DUCHESNE pour la CGT Educ’Action

L'équipe CGT Educ'action Mayotte

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